Lucile Olympe Haute

Cyberwitches
2017

 

 


Ce que font les sorcières c'est de nous forcer à penser la dé-production de forces immanentes et multiples dans la population et donc à penser aussi l'intérêt de groupes qui cherchent d'où leur viendront le pouvoir de résister autour de ce qui leur importe. [...] Elles ne nous disent pas comment faire [mais nous] obligent à penser comment, comment faire advenir ce dont nous avons besoin pour résister et ce dont nous avons besoin qui parle déjà aujourd'hui de ce qui est le possible pour lequel nous résistons.

entretien de Isabelle Stengers sur sa réception de Dreaming the Dark de Starhawk, première diffusion en 2003, au moment de sa traduction et publication en français chez Les Empêcheurs de Penser en Rond (Femmes, magie et politique, 2003, épuisé) puis chez éditions Cambourakis Sorcières (Rêver l’obscure, Femmes, magie et politique, 2015).

Starhawk définit la magie comme l'art de changer la conscience à volonté. La magie inclut la politique. La magie est la psychologie et la technologie de l'immanence, la compréhension que chaque chose est connectée. La magie pourrait être considérée comme une science appliquée, basée sur la compréhension de la création de formes par l'énergie et de la direction de l'énergie par les formes. La conscience donne forme à la réalité ; la réalité donne forme à la conscience. La magie est un art. Elle concerne des formes, des structures, des images qui peuvent nous entraîner hors des limites imposées par notre culture avec une efficacité que les mots seuls n'ont pas. Elle concerne des visions suggérant des possibilités d'accomplissements que n'offre pas un monde vide (le monde du langage de la mise à distance). La magie est volonté — action, énergie dirigée, choix faits non pas une mais plusieurs fois.

Starhawk, Rêver l'obscure, Paris, Cambourakis, 2015 (1982), p. 51-52

Rituel avec Chloé Lavalette,
Silvie Mexico, Hélène Mourrier
et Lizzie Saint Septembre.
Photographies numériques (tirages tailles variables),
vidéo HDV, 5:13, couleur et son,
2017.
Texte, 2018-2019.


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